Plongez dans l'infini...

Plongez dans l'infini...
Hallo!

Encore un blog, oui, oui.
Mais celui-là, je vais le faire un peu différemment.
Alors voilà. Au départ, je voulais écrire une sorte de biographie de Tokio Hotel, en ma basant sur des choses que je savais, sur des interviews, des vidéos, des photos, etc.
Et puis je me suis dit que dès que j'essaierais d'entrer dans les pensées de l'un d'eux, je risquais de mal m'y prendre.
Ensuite, j'ai pensé à A l'infini. A la façon dont j'avais procédé pour cette fiction. Ces textes avaient été plutôt importants pour moi et je voulais continuer dans ce sens, sans pour autant me répéter.
Donc j'ai eu l'idée de ce blog :D
Le principe est simple : je choisis ou bien vous me soumettez un mot, une expression, pouvant désigner un sentiment, une sensation, un événement plus concret... bref! Ce que vous voulez pourvu que ça ait un minimum de rapport avec le groupe, un des garçons, le fait d'être fan... Une fois par semaine, je choisirai un mot et j'écrirai un texte à partir de ça.
Il y aura des textes fictifs, des textes réalistes et d'autres moins, des textes qui raconteront une histoire et d'autres dans lesquels je ne ferai que donner mon opinion sur un sujet, actuel ou pas.

Etant fan de Tokio Hotel, ce blog sera avant tout tourné vers ce groupe. Ceci dit, je ne suis pas du genre à le rappeler à chaque ligne. Et j'aime aussi écrire des textes dans lesquels une personne non fan d'eux peut se reconnaître.

N'hésitez pas à me donner vos avis, bons ou mauvais!



Pour les personnes voulant être prévenues des nouveaux articles, un com' et vous apparaîtrez dans mes favoris.


Leben.





Idées et exemples de mots :
Lien - Gémellité - Espoir - Fascination - Angoisse - Traduire (texte en anglais) - Commencement - Miroir - Perte - Conscience - Extrêmisme - Bill - Doute - Faith

# Posté le vendredi 06 mars 2009 14:16

Modifié le samedi 10 octobre 2009 16:02

Le Lien

Le Lien
L'écran s'allume. Tu ouvres une page web. Là.

Un lien. Et derrière ce lien, lui. Jamais tu n'aurais imaginé te trouver si proche de ton idole. Ou plutôt, jamais tu n'aurais imaginé te trouver si proche de la personne qu'il est. Si proche... et si loin à la fois. Pour toi, ce lien est comme une porte. Pour le moment, la porte est fermée ; mais il ne tient qu'à toi de l'ouvrir. Alors ? Qu'est-ce que tu fais ?

La première fois que tu t'es connectée là et que tu as vu son 'nom', ce lien, ton c½ur a fait un bond. Tu as ressenti ce vide qui t'emplissait lentement. Ce vide qui te libérait de mois de scènes imaginées par toi. Ce vide qui en l'espace d'une seconde concrétisait des rêves, fous et refoulés. Ce vide qui te laissait entendre les palpitations désordonnées du muscle battant sans mesure des temps arythmiques dans le creux de ta poitrine. Quelques minutes, tu es restée comme figée. Tu as tenté de réaliser. Puis, brusquement, tu as tout fermé. Comme si ton attitude était contraire aux bons principes ; comme si tu venais d'outrepasser tes droits ; comme si tu venais de pénétrer une sphère qui n'était pas la tienne ; comme si tu venais d'être prise sur le fait. Comme une voleuse, une pisteuse, une traqueuse.

Oui, mais la tentation d'y retourner a finalement pris le dessus. Tremblante, tu as tapé une nouvelle fois l'adresse. Frissonnante, tu as dessiné des cercles avec le pointeur de la souris, tu as entouré le 'nom', visualisant ces formes concentriques de part et d'autres du lien. Alors ? Qu'est-ce que tu fais ? Tu tournes en rond. Tu fixes la ligne de lettres noires, immobile sur la page blanche. Des lettres qui se suivent, dont la signification universelle t'échappe à trop les regarder, mais dont la dimension subjective t'es devenue si familière avec le temps. A chaque fois que le pointeur s'arrête sur le lien, tu es prise d'une nervosité croissante. A tel point que tu finis par appuyer. Tu n'es même pas certaine de l'avoir fait exprès, de le vouloir vraiment. Mais tu ne recules pas pour autant.

'Ajouter à mes contacts'. 'Ok'.

Tu ne bouges plus. Tu ne peux t'empêcher de te demander si tu as eu raison. Après tout, tu es qui, toi ? Il est qui, lui ? Comment peux-tu oser ? Bien sûr, tu n'as pas de mauvaises intentions. Mais au fond, qu'est-ce que ça change ? Lui, ne le sait pas. Lui, ne sait rien de toi. Toi, tu n'es rien pour lui. Toi, tu ne fais pas partie de sa vie. Alors, qu'est-ce que tu fais ? Tu essaies d'aller mieux. Tu sais ce qu'il te faut alors tu tentes le coup. Le tout pour le tout. Tu as compris l'essentiel : tu as besoin de parler. Ne va pas chercher plus loin. Oui, mais lui, en face, peut-être qu'il s'en fout. Il ne devine pas qu'il peut avoir confiance. Il ne devine pas que tu ne cherches rien d'autre. Vous êtes tous les deux sur une autoroute, la même autoroute. Vous roulez tous les deux dans votre direction, la même direction. Toi, tu es juste derrière lui. Sauf que jamais tu ne le rattrapes. Tu le suis. Quand tu t'approches, il accélère. Tu le perds quelques mètres sans pourtant qu'il quitte ton champ de vision. Et il finit par ralentir. Et toi, encore, toujours, tu le suis. En as-tu le droit ? Oui. Non. Tu ne sais même pas. Ça fait mal, hein ? Tu ne veux pas prendre plus que ce que l'on te donne. Et malgré tout...

Alors ? Qu'est-ce que tu fais ? Au point où tu en es ! 'Envoyer un message'. Les mots que tu tapes sur ton clavier sortent tous seuls. Inutile de réfléchir. Pas la peine. Les phrases se forment, s'enchaînent. Quand tu jettes un coup d'½il au paragraphe entamé, tu as l'impression qu'elles s'emmêlent. Tu te dépêches, comme si tu ne voulais rien oublier et que le temps t'était compté et que tu jouais au moins un bout de ta vie dans cet e-mail. Tu ne relis pas : tu risquerais de changer d'avis. Un demi-sourire et tu te dis que deux mots auraient suffi. « J'existe. » Un quart de seconde et tu apportes le point final à ton écrit. 'Envoyer le message'.

Tu es folle d'avoir agi comme ça. Parce que maintenant, qu'est-ce que tu fais ?



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Voilà le premier texte.
Le mot : le Lien.
Vos avis ?
A lire sur fond de Rette Mich.

# Posté le samedi 02 mai 2009 11:18

Modifié le samedi 02 mai 2009 18:57

L'Espoir

L'Espoir
Un jour, j'ai dit – j'ai osé dire – qu'à défaut de faire vivre, l'espoir tue.

Je ne tiens pas à me faire plus d'ennemis que je n'en ai déjà. Aussi, je ne réitérerai pas cette affirmation. Quoi que...

Je trouve tout cela paradoxal. En espagnol, on utilise le même verbe pour dire 'espérer' et 'attendre'. La personne qui me l'a fait remarquer pour la première fois avait ajouté : « C'est beau. Ça veut dire que le fait d'attendre – une personne qui n'arrive pas, par exemple – permet de continuer d'espérer. Lorsqu'on attend, on espère – que la personne viendra, pour garder la même image. Tant qu'on attend, il y a de l'espoir. » Mais inversons toutes ces belles paroles, voulez-vous. Si attendre, c'est espérer, alors espérer, c'est attendre ? Et quand tu attends, tu fais quoi ? Rien. Tu perds ton temps. Ton temps que tu dis si précieux. Ton temps qui court, qui court, qui court. Ton temps que tu ne rattraperas pas : il est trop rapide. Et à quoi ça sert d'avoir de l'espoir, si tu passes ton temps à attendre ? Et qu'est-ce que tu attends, d'ailleurs ? Le plus logique – et le moins pragmatique – consisterait à rétorquer : « J'attends l'espoir. » Et attendre l'espoir, c'est quoi ? L'espoir de quoi ? L'espoir que les choses changent ? Et les choses, tu crois qu'elles vont changer parce que c'est ce que tu attends d'elles ? Tu crois que les choses changent toutes seules ? Tu crois qu'il te suffit d'attendre pour les voir évoluer, se modifier ? Alors, tu es parti pour attendre un bon moment. Non ; pour ma part, j'estime que si espérer, c'est attendre – si espérer, c'est attendre que les choses changent – l'espoir est inutile. L'espoir n'est rien. Parce que l'attente n'est rien. L'attente est vide. Et si l'attente est vide, l'espoir est vide ? Vide de quoi ? Vide de sens. Moi, pessimiste ? Etrangement, non. Au contraire. Généralement...

Je pense seulement que dans de nombreux cas de figure, on ferait mieux de se bouger, au lieu d'espérer. Rester les bras croisés en se répétant intérieurement « Pourvu que ça change, pourvu que ça change », ça ne fait pas avancer les choses. Ce qui permet de ne pas piétiner, c'est justement se donner les moyens de parvenir à une situation autre (meilleure ?). Reprenons l'exemple de tout à l'heure. Tu attends une personne – une personne qui n'arrive pas. Si tu restes là où tu es en espérant que cette personne finira par montrer le bout de son nez, le résultat ne dépend pas de toi. Le résultat ne dépend que de la personne – elle va se décider à venir, ou pas. Maintenant, si au lieu d'attendre, tu vas chercher toi-même la personne, le résultat – à savoir que même si tu ne l'auras pas fait venir, tu l'auras au moins vue – le résultat sera dû (en partie) à ton acte. Autrement dit, tu auras obtenu (en partie) ce que tu désirais parce que tu t'en seras donné la possibilité, et non parce que tu te seras contenté d'espérer.

Bien sûr, j'ai espéré. J'ai compté sur l'espoir. Je me suis forcée à tenir le coup, en m'obligeant à me rappeler que tout ne serait pas toujours tout noir. Derrière, tout est noir, mais nous avançons sans retour possible vers la lumière. La lumière, je l'ai vue. Je me suis contrainte à la suivre. Pour m'apercevoir qu'elle peut parfois n'être finalement que l'ombre d'elle-même, mais passons. L'espoir m'a aussi fait tomber de haut. L'espoir ne fait pas tout.

Aujourd'hui, j'ai des espoirs. Des putains d'espoirs qui refusent de me laisser m'échapper d'une réalité qui m'apparaît parfois si fictive que j'en viens à douter. J'en viens à me demander si espérer m'est légitime. J'en viens à me poser des questions quant à mes droits. J'ai le droit d'espérer ? Oui ? J'ai le droit d'espérer ce que j'espère ? Certains prétendent que oui. Non, je l'ignore.

Je ne cherche pas à saper le moral de qui que ce soit. D'ailleurs, je ne peux pas prétendre que l'espoir n'a pas de raison d'être. J'ai donné mon point de vue personnel aujourd'hui. Et je suis tout à fait consciente que peu de personnes sont du même avis. Je finirai donc simplement en disant que l'espoir compte pour qui veut qu'il en soit ainsi. Mais ne pouvant m'en empêcher, j'ajouterai que l'espoir n'est ni ne fait tout.


*


Je n'ai pas l'espoir qu'un jour tout redeviendra ce qu'il était.
Je n'ai pas l'espoir qu'un jour je retrouverai toute la naïveté dont je faisais preuve.
Je n'ai plus l'espoir, le faux espoir, qu'un jour j'apprendrai que tout n'était que mensonge. Que tout n'était qu'illusions factices.
Tout cela n'arrivera pas. Et puis au fond, est-ce que je le souhaite ?



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Je vais me faire détester, pour ce texte.
C'est xPragmatiisme qui m'a proposé ce mot, et je ne pense pas qu'elle s'attendait à ça.
Je me doute que ce n'est pas ce vous attendiez, tout court et j'appréhende beaucoup vos réactions.
Si ça peut vous rassurer, je ne posterai pas des textes comme ça très souvent :$

Sur ce, vous pouvez le prendre comme une question ouverte. Et si je trouve certains commentaires intéressants, je les publierai :) (et j'espère en avoir, parce que ce texte a beau être pessimiste, je ne le suis pas et je ne veux pas le paraître trop)

# Posté le samedi 09 mai 2009 06:46

Modifié le samedi 23 mai 2009 08:37

Traduire / Translating

Traduire / Translating
One day in winter 2006, I heard about a teenager band which was all the rage beyond the Rhine River, by singing in German. Intrigued, I wanted to listen to it and know who they were. This is how I discovered Tokio Hotel. At this time, I was already curious about the German language and interested in it. They just reinforced this liking through their writings. From this moment on they were by my side, thanks to their chords as far as their way of playing, as far as their lyrics – therefore I am speaking about the sound of their native tongue.

I became a fan – perhaps I have even been worse than that. And then, one morning, some “TH made in English” songs were pitched on me. I listened to them. I did not enjoy. I listened to them again and the result was the same than before. I sincerely tried to like, because they made it and I did not want to disparage this music that came from them. But it is no good my understanding those choices, I could not do well.

Several times, I heard some comments such as “anyway I love their music so I don't care if German or English”. I can't agree. Each language has its own musicality. Each language has its specific sounds. Each language is unique, different from the others and precious in a sense. Some people told me they did not understand why I was reacting this way since the words are actually equal. That is true. But words don't only live through their meanings – objective and concrete. Words also live through their forms and appearances – subjective and more abstract. You can transpose a text from a language into another. But the translation will never be the perfect reflection of the original paragraph. Each language brings its own shades in the meaning of a single work. Translating is betraying – that is what I was taught.

To come again on what I was telling about: how can one divide a piece of music, by separating the chords from the lyrics? I mean, the sounds which result from it represent the combination of both these parts. And if you change the language of the lyrics, then it is no keeping the sense, you alter the music itself. You affect its oddness. You are not listening to the same song anymore.

I am not against the fact that the guys write in English. If they first composed in this language, then they would directly establish a certain musicality thanks to its basis. The thing is it is not.

Well, I am criticizing no one. The ones who enjoy the 'so American' versions of the band have their own likings and I respect them, even if I have not – and I can't have – the same point of view. As someone said, “It takes all kinds to make a world”.

What about the guys, I just want them to do something they like. If they like it, I want them to keep doing it. I don't have to agree all their choices, just because they are their personal decisions. But in my opinion, the question is: are they completely convinced with their English, how important it is in their eyes and to what extent?



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Version française disponible ici.
Le(s) texte(s) tout autant que la traduction sont de moi. Pourquoi en anglais ? Si je réponds pour l'universalité, ça va ? Le plus logique ayant été de le garder en français, ou de le traduire en allemand (pour ceux qui auront eu le courage de lire cet article jusqu'au bout).
Texte en français à venir ce week-end :)

# Posté le mercredi 13 mai 2009 10:02

Modifié le mercredi 13 mai 2009 15:30

Le Commencement

Le Commencement
Elle trônait au même emplacement depuis des lustres, lui semblait-il. Chaque matin, au réveil, il posait ses pupilles d'enfant sur elle, ce jour-là d'attaque pour s'y mettre pour de bon. Et chaque soir, au coucher, il la distinguait du coin de l'½il, contraint d'avouer qu'il ne s'était toujours pas décidé à commencer. Il avait toujours une bonne excuse : des devoirs qu'il fallait terminer, un copain qu'il fallait aller voir, une sortie qu'on ne pouvait annuler...

Une telle attitude ? Ses proches trouvaient cela quelque peu illogique. Il paraissait tellement fasciné par elle... et pourtant ne semblait pas même prêt à lui accorder ne serait-ce que cinq petites minutes de son temps journalier.

Cela dura presque une année entière. Tous avaient abandonné l'idée de le motiver. Et puis, un jour d'orage – un jour comme aujourd'hui – alors que ses amis, son frère et ses parents étaient absents, assis seul sur son lit, il se prit à examiner attentivement ces formes. Au départ, son regard, à la recherche désespérée d'un point d'ancrage où s'arrimer, avait échoué sur elle. Toujours fière malgré l'indifférence que son propriétaire lui portait. Il l'observa minutieusement, ne voulant laisser échapper aucun détail de sa morphologie. A pas feutrés, sans vraiment en être conscient, il s'en approcha lentement. Etrangement timide face à elle, il hésitait à la toucher. A cet instant, l'effleurer simplement lui eût paru indécent. Comportement inattendu de la part de ce petit garçon si espiègle. Le temps, dehors, était à son image : mitigé. Partagé entre fascination intimidante et curiosité grandissante. Il s'empara finalement de l'être inanimé avant de retrouver précipitamment sa place sur le lit. Elle, inanimée entre ses mains tremblantes. Il n'osait la réveiller. Comme si tel geste pouvait rappeler par la même occasion démons et mauvais esprits à peine sortis d'un ténébreux sommeil. La vive lumière d'un éclair tout proche s'engouffra par la fenêtre, illuminant pour une seconde la pièce silencieuse et obscure. Et c'est à cet instant qu'il se hasarda à faire résonner sa voix. Tandis qu'il posait aléatoirement sa main gauche sur son corps, à elle, il en pinça de la droite l'organe supposé produire le son. Tout ce qui en sortit fut un bruit métallique dont le seul avantage avait été de briser momentanément le mutisme environnant.

Dérouté, il la fit taire sans plus attendre. Ce n'était pas juste. Quand c'étaient les grands, une harmonie, parfaite selon ses jeunes oreilles, s'échappait de la caisse. Alors pourquoi pas lui ? Peut-être n'était-ce pas aussi simple que ce qu'il eût pu imaginer jusqu'ici. Mais combattif, il refusait de s'avouer vaincu. Encore moins par elle... Celle qui, en l'espace de quelques minutes, était passée du statut d'objet ordinaire à celui de précieux bijou. Bijou sauvage et caractériel qu'il apprendrait à connaître et dompter pour un jour être capable de maîtriser avec la perfection requise par cet art dans le monde duquel il allait entrer.

Monde auquel il appartient désormais. Ou c'est l'impression qu'il donne, à la faire chanter. A présent, plus de balbutiements réservés ni de silences non désirés. Quand il s'installe, la créature sacrée délicatement posée sur ses genoux dévoile enfin son âme à qui veut bien la recevoir. Lui et elle, ne faisant plus qu'un, se donnent d'un commun accord en offrande aux cinq sens d'inconnus stupéfaits de cette communion totale. Concordance spirituelle sans faille. Isolés dans une bulle transparente d'une foule anonyme, il vibre à travers elle pour mieux la faire vivre en lui. L'aura qui les entoure les fait grandir et briller. Ils inspirent le respect. A présent, il n'imagine pas sa vie sans elle. Il ne la trahira pas car il souffrirait trop du silence oppressant dans lequel ce geste le plongerait à nouveau. Il connaît ses courbes à la perfection et chaque parcelle de son corps comme s'il avait été sien. Il retrouverait sa voix entre toutes et est seul apte à la faire fredonner un coup, puis l'autre gémir. De ses caresses, naissent mille et un sons à l'identité unique. Avec elle, son esprit est libre des complications quotidiennes. Et lorsque le moment est venu de la faire taire, lorsque peu à peu ses doigts se font moins fiévreux et ses mains plus sages, la transition est si douce que la note finale résonne encore longtemps dans un calme qui finit par la renfermer dans un mystère, seul indice d'une transe secrètement affichée pour un instant à la vue du monde.



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Cette semaine, je mets un texte un peu en avance, parce que je veux en profiter pour vous rappeler qu'il ne reste plus que deux petits jours avant le DOWNLOAD DAY ! En espérant qu'un maximum de fans se mobiliseront.
Etant donné que j'entre en période d'examens, je ne sais pas si je publierai un nouveau texte samedi prochain. Si je mets un autre article, ce sera sûrement un texte un peu plus ancien. A vous de voir ;)

# Posté le jeudi 14 mai 2009 14:08

La Perte

La Perte
Tu t'en veux ? Pourtant, tu n'as pas à t'en vouloir. Tu ne dois pas t'en vouloir. Tu ne peux pas t'en vouloir. Tu n'es pas fautif : ce n'est pas notre faute si, parfois, certains des êtres que l'on chérit le plus sur cette Terre ne vont pas bien. Si on les voit disparaître sous nos yeux. Toujours trop rapidement, trop vite. Mais surtout trop tôt. Quoiqu'on dise, quoiqu'on fasse, on n'est jamais prêt. On vit et puis on meurt. Comme tu le dis, on est tous appelé à nous en aller, à quitter... à quitter ce qui est ici. C'est comme ça. On n'y peut rien. Personne n'y peut rien, tu n'y peux rien. On aimerait que ce soit différent mais ça ne l'est pas. Il y a choses qui ne s'expliquent pas et il y a des choses contre lesquelles on ne peut pas se battre. Ou tout du moins, il y a des choses que l'on ne peut pas vaincre, contre lesquelles on ne peut pas gagner.
Nous savons que nous mourrons tous un jour. Ce que nous ignorons, c'est quand. Quand l'un partira. Quand l'autre le suivra. Certains nous quittent prématurément, d'autres nous voient les quitter. Mais on ne sait jamais qui jouera quel rôle. Avant de nous retrouver sur scène. Il n'y a pas de répétition pour ça. Pour ça, les acteurs sont comme les spectateurs : ils ignorent l'issue de la pièce qu'ils sont sur le point de jouer. Car oui, ils jouent. On joue. Nous passons notre temps à jouer. A jouer au hasard, à jouer avec le sort. Le problème, c'est qu'on joue sans connaître les règles. Alors on alterne coups de chance et coups de malchance. Mais personne n'a que des coups de chance ou que des coups de malchance. C'est trop improbable. Je n'y crois pas. Et je ne veux pas que tu y crois. Encore une fois, tout est de la faute du sort. Parce que le sort, lui, sait jouer. Eh oui, c'est de la triche ! Alors forcément !
Et pendant qu'on joue, la vie et la mort jouent, elles aussi. La vie joue avec notre mort et la mort joue avec notre vie. Mais sans nous le dire.

Il y a longtemps, les gens croyaient que, quelque part, il existait trois s½urs. Trois s½urs qui occupaient leur temps uniquement avec des fils. La première prenait un fil, la seconde le déroulait, la troisième le coupait, le jour où elle en avait envie.
Alors fatalement, elles se retrouvaient avec des fils plus ou moins longs. En réalité, chaque fil représentait une vie humaine et chaque fil était différent car chacun de nous est unique. Il y avait donc des fils forts et des fils moins forts, des fils résistants et des fils moins résistants. Mais seul le sort est responsable de ce choix. Car qui d'autre que le hasard aidait la première à décider du fil qu'elle prendrait ? Qui d'autre que le hasard aidait la seconde à décider de la vitesse à laquelle elle le déroulerait ? Et qui d'autre que le hasard aidait la dernière à décider du moment où elle le couperait ?
Je me perds dans tout ça. Je voudrais te dire tellement de choses mais si peu sont nécessaires. Ce que je veux que tu comprennes, c'est que tu ne dois pas te sentir coupable. C'est déjà assez douloureux de perdre quelqu'un qu'on aime, ce n'est pas la peine de se perdre soi-même. En plus.
Dans ces moments-là, on pense que tout s'écroule autour de nous. On pense qu'on n'est plus rien. Mais c'est faux. C'est le sort qui bluffe. Il veut nous extirper de la réalité pour nous faire perdre plus vite. Mais toi, ne lui donne pas cette satisfaction. N'abandonne pas. Continue de vivre ta vie. Et dirige-la du mieux possible. La vie est courte mais rien n'est jamais perdu. Savoure chaque instant et vis au jour le jour. Car tu ne sais pas ce que demain te réserve. Mais surtout, surtout garde à l'esprit que tu n'es pas seul. Et ça te grandit et ça te rend plus fort. Il y aura toujours des gens qui t'aimeront et qui veilleront sur toi. Et, moi, je serai toujours là pour toi.
Je ne te dis pas que je suis désolé. Je ne te présente pas mes condoléances. Je ne fais rien de tout cela parce que c'est inutile. Je sais que ça ne sert à rien. A part à faire mal. Un peu plus. Mais vis ta vie. Encore. Toujours. Car il y a de l'espoir. Encore. Toujours. Et si je peux être ton espoir alors je le serai. Si je peux t'aider, je t'aiderai. Je serai là. Je suis là. Comme tant d'autres qui t'aiment, qui t'aident. Qui sont là. Où qu'ils soient et où que toi, tu sois. Ne l'oublie pas car les gens qui t'aiment ne t'oublieront pas.



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Comme je l'avais laissé entendre, il s'agit d'un texte que j'ai écrit il y a quelques temps. Presque deux ans, pour être exacte. C'est un extrait de ma première fiction Tokio Hotel, que j'ai légèrement modifié pour qu'il soit compréhensible. Ce n'est pas le texte que j'avais prévu de publier cette semaine mais je viens de le retrouver en fouillant dans mes dossiers et il m'a fait penser à quelqu'un qui compte beaucoup pour moi. Alors voilà... Pour lui...

# Posté le samedi 23 mai 2009 08:17

Modifié le samedi 23 mai 2009 12:57

La Conscience (?)

La Conscience (?)
J'ai mis longtemps avant de me décider à t'écrire cette lettre. Il faut dire que je n'ai jamais été très sûre de moi. Et puis, je crois aussi que je ne mesurais pas réellement l'importance des choses... J'ai toujours vécu dans mon monde, sans trop me soucier des autres, sans trop ressentir le besoin de m'en rapprocher, sans trop en avoir la volonté non plus... Je voulais vivre mes rêves mais au lieu de ça, je m'enfermais consciemment dans cette tour d'ivoire si attrayante, dans ce monde fantastique si paisible et dont j'étais l'unique reine. Je me disais heureuse, parce que libre. Je me disais sereine, parce qu'en sécurité. Je me disais vivante, parce que je croyais vivre. Mais vivais-je pleinement cette vie dont on m'avait fait cadeau ? Vivais-je sincèrement cette vie que j'entendais vivre ?

Isolée, je découvrais les objets de mes quêtes. Je les consommais, solitaire. Je m'enorgueillissais de mes trouvailles, sans cesse renouvelées. Je me réfugiais dans ces plaines de mon imagination car j'y récupérais ce que l'on m'avait déjà pris et j'y atteignais ce que l'on ne m'avait pas encore donné. Oui, je croyais vivre. Mais je ne vivais pas. Pas vraiment. Je vivais dans mes rêves ; je rêvais ma vie. J'étais absente bien que présente ; j'étais lointaine bien que proche. Je pense que cette vie qui n'était pas la mienne, je l'avais façonnée pour mieux m'échapper d'une existence qui m'oppressait chaque jour un peu plus, qui m'étouffait et qui me liait le corps et l'âme. Je voulais l'indépendance mais sans le savoir je me la refusais par peur de la trouver. Oui, c'est ça. J'avais peur. Peur de mes désirs. Peur de ma vie. Peur de moi-même. J'avais peur du monde qui m'entourait. Peur de le découvrir hostile. Car le peu que j'en entrapercevais, je le comprenais trop différent de celui qu'on imagine, enfant. Alors j'ai préféré créer un univers tout autre. Un univers à mon image. Un univers qui me ressemblait. Un univers à moi, et à moi seule. Mais un univers qui me retenait. Un univers qui m'aveuglait alors que je n'aspirais qu'à une chose : ouvrir les yeux. Enfin.

J'ai fini par prendre conscience que je me mentais. Que je tournais en rond comme un lion en cage et que je n'obtenais rien. Je n'avais rien. Ici, pour moi, il n'y avait rien. Jusqu'au jour où il y a eu toi. Tu t'es secrètement introduit dans ce monde dont j'avais fait ma vie et tu ne l'as plus quitté. Tu ne m'as plus quittée. Et moi, je t'ai accepté. Sans trop me poser de questions. Simplement en écoutant parler mon intérieur. En écoutant chanter mon c½ur sur le rythme pulsé par cette chose qui résonne dans le creux de mon ventre depuis que tu es là. Je t'ai aussi écouté, toi. Ça n'a pas été très difficile il faut dire : parce que ton toi battait à l'unisson avec mon moi. J'ai tout écouté très attentivement, en prenant tout le temps nécessaire. Tu m'as envoyé un message et je l'ai attrapé au vol. Tu as ouvert les portes de ma prison dorée et je t'ai laissé m'emporter plus loin que je n'avais jamais été auparavant.

Une seule fois, j'ai jeté un regard, furtif, vers le passé. Histoire de dresser un bilan. Puis, je me suis retournée. J'ai fait face à mon destin et je me suis avancée vers lui. J'ignorais l'origine de ce changement radical dans mon comportement. Et un jour j'ai compris : je t'ai senti près de moi et j'ai su que tu m'aiderais. Ainsi, tu es devenu mon confident, celui en qui je pouvais avoir confiance, celui en qui j'ai confiance, celui qui ne me trahira jamais. Parce qu'une image, ça ne trahit pas. Oui, une image. C'est un peu ce que tu es. Chaque jour, je t'observe et je t'entends prononcer les paroles qui ont pu franchir la barrière de tes lèvres. Souvent, j'ai l'impression de te connaître tel que tu es, de savoir qui tu es vraiment, au-delà des apparences et des idées que je peux me faire de toi. Parfois, je me sens proche de toi. C'est absurde, n'est-ce pas ? Parce que je te connais mais que toi, tu ne me connais pas : je te regarde mais toi, tu ne me vois pas, je t'écoute mais toi, tu ne m'entends pas, je te suis mais toi, tu ne te retournes pas. Et le feras-tu un jour ? J'en doute.

Mais ne disparais pas, reste encore un peu : j'en ai besoin. Tu ignores jusqu'à mon existence, pourtant, d'une certaine manière, mon destin est lié au tien. Quoique tu penses, quoique je souhaite. Sans le vouloir ni même le savoir, tu as bouleversé ce qui me servait de vie. Voilà pourquoi aujourd'hui je me décide enfin à t'écrire. Tu m'as appris beaucoup, tu m'as apporté tellement plus encore. Et tout cela sans un mot, sans un regard, sans le moindre petit geste. Je sais qui tu es sans même que l'on ait eu besoin de se croiser. Et malgré cela, tu restes toujours avec moi. Parce que même si tu n'es pas là, je continue de te porter en mon c½ur. Je me suis appropriée une part de toi que je garde au fond de ma poche pour la ressortir dans les moments jugés nécessaires. Et, surtout, je veux que rien ne change. Continue à m'ignorer, ça m'est égal. Car le simple fait de te savoir heureux quelque part, n'importe où sur cette Terre, me remplit d'un bonheur intense qui me suffit amplement.

Je n'ai plus que ces quelques lignes à ajouter à ton intention :
Je vivrai dans l'ombre pour toi
Car tu es ma lumière à moi ;
Je serai toujours là pour toi
Je te le promets, crois-moi ;
Je te remercie d'être quelque part avec moi
Et c'est la seule chose que je veux que tu saches de moi.

Merci du fond du c½ur.


Une fan qui a compris qu'en vivant ton rêve, tu lui faisais vivre le sien.



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Coucou tout le monde !
Encore un texte assez "ancien". Je l'avais écrit pendant la tournée française du groupe, en octobre 2007.
Encore un texte qui me tient particulièrement à coeur. Je crois que si je devais n'en garder qu'un, ce serait celui-là (ok, ok, avec A l'infini :zz:)
Bref. Je m'excuse pour celles d'entre vous qui l'ont déjà lu. Mais je l'aurais publié ici aussi, un jour ou l'autre^^
Sinon, j'ai eu beaucoup de mal à trouver un mot correspondant à ce texte : depuis le temps que je le trimballe, je n'ai jamais trouvé de titre - j'ai toujours pensé que c'était mieux comme ça.
Bisous,
Leben.

# Posté le samedi 30 mai 2009 11:38

Modifié le samedi 30 mai 2009 12:11

Extrêmisme

Extrêmisme
-----------I'm not strong but if you need it, then I'll give you my strength
Je n'suis pas forte mais si tu en as l'besoin, alors j'te donnerai ma force

-----------I'm not strong but if you ask me, then I will fight for you
Je n'suis pas forte mais si tu me l'demandes, alors je m'battrai pour toi

-----------I'm not strong but if you're not alright, then I will support you
Je n'suis pas forte mais si tu n'vas pas bien, alors j'te soutiendrai

-----------I'm not strong but if there's something wrong, I wanna be able to take you in my arms
Je n'suis pas forte mais si quelque chose ne va pas, j'veux pouvoir te prendre dans mes bras

-----------I'm not strong but if you can manage it no more, I'll bear your suffering instead of you
Je n'suis pas forte mais si tu n'y arrives plus, je porterai tes souffrances à ta place

-----------I'm not strong but if you realized you can rely on me, then I might be significant to you
Je n'suis pas forte mais si tu comprenais qu'tu peux compter sur moi, alors peut-être que j'pourrais être importante pour toi
-----------I'm not strong but if only you could know to what extent I'm fond of you...
Je n'suis pas forte mais si seulement tu savais à quel point j'tiens à toi...

-----------I'm not strong but if you're there, then I am too
Je n'suis pas forte mais si tu es là, je suis là



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Extrêmisme. Mon extrêmisme ?
Tokio Hotel... ou pas. A prendre au premier degré... ou pas.

Ecrit dans un moment de déprime. Dans le courant de cette semaine.

C'est court, mais je ne publierai que ça cette semaine. Mes examens sont finis, donc j'espère trouver à la fois temps et inspiration pour vous proposer mieux le plus rapidement possible.
J'aurais pu mettre un vieux texte. Ce que je n'ai pas fait. Vous auriez préféré ?

La traduction est là à titre purement indicatif. Autrement, le texte est en anglais : il m'est venu en anglais, je l'ai rédigé en anglais. Seulement traduit comme je pouvais en français...

# Posté le samedi 06 juin 2009 14:12

Modifié le samedi 06 juin 2009 14:35

Le Miroir

Le Miroir
Miroir, miroir. Transparence. Miroir, miroir. Ressemblance ?

Miroir de glace, miroir figé. Le miroir a cette capacité à refléter la vérité. Vérité fidèle à notre réalité ? Vérité factice et viciée ?

Le miroir réfléchit ; le miroir montre. Oui. Mais le miroir n'approfondit pas ; le miroir n'explique pas. Aussi, certains miroirs déforment. Ils feintent, ils mentent. Miroir, semblant de réalité. Miroir, simulacre de vérité.

Elle, elle pensait savoir qui ils étaient. Elle pensait les voir tels qu'ils étaient. Elle pensait deviner leurs idées et avoir accès à leur c½ur. Après tout, elle était proche d'eux. Depuis l'enfance, depuis le début, depuis ce temps. Elle avait toujours voulu être là pour eux, les soutenant dans ce rêve qu'ils nourrissaient et que petit à petit ils avaient atteint. Et même après cela, même alors que leur vie à tous avait été retournée, elle était restée. Parce qu'elle savait. Du moins était-ce ce qu'elle croyait.

Ils savaient tout d'elle ; elle pensait tout savoir d'eux. Puis brusquement, quelque chose avait changé. Elle s'était trompée, au fond. Et le plus drôle dans tout ça, c'était ces milliers de fans sur la planète. Ces gens sortis de nulle part qui croyaient détenir la vérité. Quelle vérité ? La leur, ni plus ni moins. Le monde se persuadait qu'ils étaient au-dessus de ça, qu'ils étaient forts, que leur attitude réfléchie en faisait de jeunes adultes intègres. Déception. Qui échappe au vice de la luxure quand tout prête à s'y perdre ? Personne ? Pas eux. Pas totalement.

L'apparence miroite une réalité si belle. Véridique réalité d'une vérité irréelle. Mais le miroir, pour montrer, cache ce qui devrait compter en priorité. Que sait-on ? Rien. Rien d'autre que cette superficielle futilité.
Ignorants se complaisant avec satisfaction dans une condition étrangère à leur situation. Savent-ils ceux qu'ils admirent ? Que connaissent-ils ? Le devant du miroir. La face polie, brillante, celle que l'on s'arrache tant elle éblouit. Celle que l'on veut ne jamais perdre. Oui, mais. Dans leur folie, ils en oublient le revers de la médaille. Le derrière du miroir, si vous voulez. Ils en oublient la crasse. Ils en oublient cette foule de sentiments moins nobles, ce peuple de ressentiments effrayants.

Bouffés par leur humanité. Qui pourrait le leur reprocher ?

Le miroir réfléchit l'extérieur mais l'extérieur est trompeur. L'extérieur a pour rôle de dissimuler l'intérieur et c'est tout ce que le miroir, représentant de l'exactitude, est apte à ne pas nous éclipser.

Chiffres, signes et autres démonstrations ne sont que bêtises. L'on ne croit que ce que l'on veut croire. Ce que l'on crève de voir. Est-ce s'intéresser à la personne admirée ? Peut-être est-ce aussi la dénigrer. Cette personne qui, se devant de parfaire son image, soigne avec minutie jusqu'au plus infime détail, refoulant à contre c½ur une partie de sa nature véritable. Bien sûr ! Comment penser à afficher défauts et basses actions au monde entier ? Adulons donc ce faux semblant. Cela ne leur fera que plus mal. Et nous n'en tomberons que de plus haut encore.

Mais revenons-en à elle. Elle, elle a vu s'opérer leur évolution. Quand elle a compris que rien ne serait jamais plus comme avant, il était déjà trop tard. Pourtant, elle ne les a pas laissés. Qui l'eût cru ? Ils l'ont fait vivre dans une vérité factice. Ils lui ont fait connaître pire que ce que vous ne pourriez imaginer. Et malgré cela, elle ne parvient pas même à leur en vouloir. Aimer, s'accrocher à son bourreau. En redemander encore. Encore un peu. Toujours plus. Parce qu'on le sait : les dernières fois sont inévitablement suivies d'un renouveau.

Elle se dit qu'ils ne sont finalement pas si heureux. Alors elle se tait. Elle souffrira en silence de sa naïveté. Elle regrettera en souffrance son innocence, ce qu'ils lui ont retiré. Elle taira sa vérité. Sa vérité sienne et pas celle de ces autres. Elle ne souillera le rêve ni les espérances de personne. Elle qui se déteste de sa relation à eux, ce sera sa dignité.



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Le thème du miroir m'a été proposé par written-by-eden
Voilà. Avec le recul, ça me paraît assez abstrait...
(Un petit peu en avance mais pour être sûre de pouvoir poster...)

# Posté le samedi 13 juin 2009 12:19

Le Doute

Le Doute
[...]

Elisa a beau aimer et elle a beau refusé d'abandonner, il y a des jours, elle voudrait que tout s'arrête. Son amour, elle le sait, elle va finir par en crever. Elle sait que c'est nul de dire ça. Mais être prête à tout pour ces quatre jeunes, ça la détruit de l'intérieur. Ça la brûle, ça la démange. Quand elle est seule le soir, dans sa chambre, elle ne peut pas s'empêcher de se remémorer ce qui lui est arrivé depuis ce voyage à Cologne. Et certains jours, le bonheur que le groupe lui apporte ne semble plus suffire. Elisa, elle en vient parfois à se demander si tout cela en vaut la peine. Au fond, qu'est-ce que ça change qu'elle crie ses sentiments ? Qu'est-ce que ça change qu'elle claque tout son temps et son argent ? Qu'est-ce que ça change qu'elle les suive partout, qu'elle vive dehors ?

Il arrive à Elisa de se sentir comme une marginale. Dans un monde où les gens ont peur du différent. Et puis elle le voit bien, qu'elle n'est pas comme tout le monde. Sinon, pourquoi la regarderait-on du coin de l'½il quand elle traîne autour des salles de spectacle de la capitale ? Pourquoi dans son lycée se tairait-on quand elle arrive devant la porte de la salle de classe ? Pourquoi à chaque infime allusion se retournerait-on vers elle ? Elisa se demande si elle ne devient pas parano. Mais Elisa ne se sent pas comme ces autres, qui critiquent sa passion pour le groupe. Et puis, même sans ces autres pas très tolérants, Elisa n'est plus sûre de l'intérêt de ses actes. Parfois. Elle voudrait ne plus les aimer, ceux-là. Parfois. Elle voudrait redevenir celle qu'elle était avant. Il y a des jours, qu'est-ce qu'elle donnerait pour goûter encore à ce « comme avant » ! Après tout, à quoi ça sert ? A quoi ça sert de se battre pour être toujours là ? A quoi ça sert d'inventer des excuses saugrenues pour sécher les cours et pour ne pas dormir à la maison ? A quoi ça sert, hein ? Il y a des jours, Elisa ne sait plus. Et elle en souffre. Elle en pleure certains soirs, seule dans sa chambre. Et pendant qu'elle tente d'évacuer ses larmes qui l'étouffent et qui reviennent toujours, pendant ce temps, eux, scotchés aux quatre murs de sa chambre, eux, ils continuent de l'examiner des pieds à la tête avec cet air faussement détaché. Dans ces moments, Elisa sent alors la rage monter en elle. Elle attraperait n'importe quoi, le premier objet qui lui passerait sous la main. Et elle l'enverrait valdinguer contre le mur. Et il irait se fracasser sur leurs visages. A eux. Et les sanglots d'Elisa reprennent de plus belle. Elle est stupide d'agir, de réagir ainsi. Et puis, ça ne la calme même pas. Et elle s'en veut, Elisa. Elle se trouve cruelle et méchante envers eux. Eux, ils n'ont rien demandé. Mais s'ils savaient ! Comme elle a changé, Elisa ! A n'y rien comprendre...

[...]



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Coucou. Pas d'inspi' cette semaine donc je vous mets un court passage de A l'infini. Je l'ai intitulé "Le Doute".
Désolée pour celles qui connaissent déjà. Je vais essayer d'écrire dans la semaine.
Au passage, j'en profite pour vous demander explicitement de ne pas toucher à mes textes. Pour la simple et bonne raison qu'ils me sont extrêmement personnels et que certains sont directement adressés aux garçons. Je les mets ici plus par besoin d'extérioriser et d'en discuter qu'autre chose. Merci donc de respecter ce que je fais, et si ce n'est pas pour moi, que ce soit pour eux.

# Posté le samedi 20 juin 2009 05:08

Modifié le samedi 20 juin 2009 14:14